Fabienne Rocaboy & Jeanne François en résidence à l’ESPE : « Clytemnestre ou le crime »

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Résidence d’artistes à l’ESPE / site de Saint-Brieuc sur la période d’octobre 2018 à mai 2019

Jeudi 2 mai 2019

Création de Clytemnestre ou le crime de Marguerite Yourcenar

 Interprétation : Fabienne Rocaboy / Regard extérieur : Jeanne François

Durée : 30 mn

Ce jeudi 2 mai, il est 18h15 passées lorsque le public s’engouffre rapidement dans l’amphithéâtre de l’ESPE, presque plongé dans l’obscurité. Certains ont à peine le temps de se dévêtir que déjà, les lumières s’éteignent. Exceptée celle qui forme un halo autour de la comédienne, seule au centre de la « scène », installée dans un grand fauteuil.

« Je vais vous expliquer, messieurs les juges » dit gravement la comédienne. Cette phrase est répétée trois fois, autant de fois que son expression de visage changera. On ne sait pas vraiment si elle se répète parce que cela fait partie du texte ou si elle le fait pour nous assurer que la représentation a bel et bien commencé. Les spectateurs retiennent leur souffle.

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Débute le monologue. Pendant un peu plus de trente minutes, Fabienne Rocaboy nous tient en haleine. Sous forme de plaidoyer elle nous explique ce qui l’a poussée à commettre un tel geste, celui de tuer Agamemnon : par souffrance, par amour. Rongée par la jalousie qui découle de l’absence, c’est le seul acte que conçoit Clytemnestre pour posséder une dernière fois son époux. En nous donnant la clef de son acte, elle nous confie qu’elle aime Agamemnon à un tel point qu’elle ne supporte pas qu’il ne la regarde plus, qu’il en aime une autre. Femme passionnée, elle raconte et universalise la souffrance qu’une femme peut ressentir face à l’indifférence de son amour pour lequel elle voue un véritable culte. Elle exprime son désespoir face son vieillissement, l’évidence qu’elle ne pourra plus jamais plaire à celui qu’elle aime lorsqu’elle se voit dans le miroir.

Blâmant la loi des hommes, injuste, Clytemnestre ne vivra jamais en paix. Le poids de la culpabilité et le fantôme de son mari pour toujours la hanteront.

À travers les thématiques de l’amour, la mort, la haine et la violence, Fabienne Rocaboy témoigne à travers son interprétation de la passion humaine, Clytemnestre étant l’image symbolique de la femme abandonnée, un personnage actuel et ancré dans le réel.

 

À la fin de la représentation, on reprend son souffle et on ressent une véritable libération dans l’atmosphère tant le texte est fort. La scénographie minimaliste nous incite à plonger directement dans l’ambiance oppressante que nous offre la comédienne.

Un pot est ensuite offert au public autour d’un échange avec l’équipe artistique tout en regardant l’exposition des travaux des étudiants de l’ESPE et des élèves de maternelle de l’Ecole Curie. Succès ressenti et public ravi, une belle expérience partagée par tous et une grande première pour moi.

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C’est quoi une résidence d’artiste ?

J’ai découvert à partir de ce projet que des artistes (en lien avec La Passerelle) viennent en immersion dans un établissement scolaire, pédagogique, de formation et proposent des actions sur plusieurs mois en lien avec la thématique proposée dans le cadre de la résidence.

Ici, à l’ESPE/site de St Brieuc les artistes ont proposé des ateliers aux étudiants, des interventions dans certains cours, des répétitions ouvertes mais aussi la possibilité de suivre un processus de création jusqu’à son aboutissement. Un moyen pour les étudiants d’accéder à des savoirs artistiques et culturels tout en développant une pratique à travers plusieurs heures d’ateliers. Un autre moyen de découvrir le théâtre.

Maria, stagiaire

*Résidence proposée par La Passerelle, l’ESPE / site de St Brieuc, réseau Canopé (APAC), Ministère de la Culture – DRAC Bretagne

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