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Le mardi 21 mars, SéVA dépose ses bagages au Centre Culturel de La Ville Robert à Pordic et présentera son spectacle La Petite Louise à 20h30, avant la représentation de Il est trop tôt pour un titre de Halory Goerger & Martin Palisse.
Elle sera au forum de La Passerelle les 28, 29 et 30 mars.

La voix de La Petite Louise est extraite de la vidéo Peels a tangerine, dans laquelle Louise Bourgeois raconte un souvenir d’enfance à un journaliste, masculin.
Lors d’un repas de famille, son père, au charisme implacable, souhaite un moment festif et demande à chacun une intervention divertissante.
Quand vient son tour, il épluche une « sweet face », aussi adorable que sa fille, dessinée sur la peau d’une mandarine, le pédoncule coïncidant avec ledit pubis.
En soulevant la silhouette d’écorce, notamment à cet endroit précis, quelques fils blancs de la couche interne de la peau se dressent. Le père de Louise brandit fièrement ce petit pénis, et conclut sur un ton moqueur que cette sweet face ne révèle finalement pas sa fille puisque celle-ci « has nothing at this place !! ». La tablée est, comme convenu, amusée.
Dans la voix de Louise Bourgeois s’entend une blessure viscérale, le souvenir d’une détresse profonde et muette, une évidente humiliation. Son intimité est bafouée, exposée violemment à tous, puis tournée au ridicule. Son identité féminine est jugée inférieure à l’identité masculine, et ce machisme divertit le nombre.
Dans la voix de Louise Bourgeois s’entend de l’aigreur, de la colère et beaucoup d’humour aussi, un ton sarcastique, des onomatopées presque chantantes. Elle tourne en dérision le souvenir blessant, la femme âgée devient sans âge, aussi enjouée et déterminée que fut son père.
C’est sur l’ambivalence de ces émotions que je danse, sur les origines d’un certain féminisme, sur le désir inaltérable et universel de liberté.

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Artiste / Compagnie

SéVA

Les premières compositions de Séverine Gouret sont graphiques : elle dessine et peint le mouvement des corps et des choses, l’espace dans lequel ils se déploient et la façon dont ils l’habitent. Cherchant une relation « de taille » au corps, elle s’approche de la vidéo, de la sculpture contemporaine, de l’installation et de la performance pour se confronter à l’échelle humaine, explorer le volume et provoquer le déplacement, un certain décalage.
Auprès de Loïc Touzé notamment, elle travaille la composition instantanée, affine le contact à l’Autre et la conscience de l’environnement spatial. La pratique du bharata natyam, danse indienne ancestrale, nourrit sa démarche d’une dimension sacrée : le corps dansant, autrefois messager divin, permet d’accéder à d’autres niveaux de conscience. Quant à sa forme architecturale, elle offre un contrepoint au mouvement sauvage, fluide et intuitif qu’elle investit naturellement.
Séverine devient SéVA, au fur et à mesure des soli, fréquemment in situ. Sa matière première : la situation de la rencontre, et toute la plasticité qui en découle, en terme de physicalité, ainsi que sur les plans psychologique et émotionnel : SéVA danse au contact de matières incarnées, là où la vie a déjà posé ses marques (sculptures, voix, textes) et dans de fragiles corps à corps, elle expérimente, respire, éprouve. C’est le sens, animal, du beau.
En ces différents laboratoires matriciels œuvrent des transformations de chair et de sens, se tracent d’autres chemins d’existence.

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GENRE :
HORAIRE :
18:15
DURÉE :
9 minutes
Forum
Le bar est ouvert chaque soir de représentation à partir de 19h, pendant les entractes et après les représentations : restauration légère et boissons vous y sont proposées.