| May B Mardi 18 mars 20h30 danse
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Rien d’étonnant à ce qu’une
chorégraphe, transfuge de Maurice Béjart et éprise
de théâtralité se sente inspirée par les personnages
de Beckett de plus en plus épurés au fil de son œuvre.
D’abord lyriques, ils sont frappés de cécité,
s’enterrent pour n’être plus qu’une bouche ou
un mouvement : ils sont prêts à être dansés.
Chez Maguy Marin, les deux clowns métaphysiques d’ «
En attendant Godot » se sont multipliés, Winnie et Willie
d’ « Oh les beaux jours » se sont déterrés.
Les corps sont encore enduits de l’argile dont nous sommes faits.
Des nez déformés leur donnent un aspect animal. Ils se déplacent
en groupe sur des rythmes obsédants. Ils se rassemblent frileusement,
s’excluent et se retrouvent en suivant des itinéraires obsessionnellement
identiques, se grattent le sexe, et soudain chargent en soulevant un nuage
de poussière comme des animaux dans la savane. Quand ils ouvrent
la bouche, on aperçoit un gouffre vide sur une face blafarde qui
éructe quelques borborygmes. Sur un coup de sifflet, ils s’en
vont vers l’envers du décor. Ensuite, les personnages de
Beckett, Hamm, Vladimir réapparaissent de façon reconnaissable.
Puis cette humanité rampante devient errante. Elle se charge de
valises et de paquets accompagnée par une ballade de Gavin Bryars.
Enfin, les traces se perdent. La poussière retombe. Un à
un, les personnages disparaissent jusqu’au suivant. Le dernier clown.
Un lied de Schubert en tête. Co p r o d u c t i o n : Compagnie Maguy Marin/ CCN de Rilleux-La-Pape, Maison des Arts et de la Culture de Créteil |