Madame de Sade
de Yukio Mishima
mise en scène de Jacques Vincey

1 772, 1778, 1790, Trois dates, trois actes, trois jours. Six femmes engoncées dans des cages genre robes à panier, réunies autour d’un absent : le marquis de Sade emprisonné. Elles vivent comme si chacune portait une part de lui. Lui, être de chair et de philosophie, symbole de liberté et de cruauté. Il les a marquées irrémédiablement. Pourtant, quand la République le libère de sa prison, libère les aristocrates de leur cage, son épouse lui préfère le couvent. Pourquoi ? Mishima traite de cette énigme, des souffrances et désirs de ces femmes vulnérables, infiniment vivantes et a dit à ce propos que « la pièce pourrait être intitulée : Sade vu à travers le regard des femmes ».
Tout dans ce spectacle respire l’intelligence théâtrale : la diction, les costumes et les perruques démesurés, inspirés du XVIIIe siècle, la lumière subtile qui cisèle l’espace, tous ces artifices maîtrisés convergent à débusquer la vérité derrière la parole de ces femmes ballottées par la perversité. Le metteur en scène joue avec la théâtralité, le rituel, avec une grande subtilitéet la forme a, ici, toute son importance : elle est en soi un point de vue sur une société de simulacre où les rôles sociaux et sexuels sont fixés avec une rigueur implacable.

L’écrivain japonais Yukio Mishima écrivit Madame de Sade cinq ans avant son suicide. Il avait très bien expliqué les raisons qui l'avaient conduit au Divin Marquis et très bien analysé la construction de la pièce et les personnages : « C'est en lisant La Vie du Marquis de Sade de Tatsuhiko Shibusawa que, pour moi, en tant qu'écrivain, s’est posée l'énigme de comprendre comment la marquise de Sade, qui avait montré tant de fidélité à son mari pendant ses longs emprisonnements, avait pu l'abandonner juste au moment où il retrouvait enfin la liberté ».

avec : Hélène Alexandridis, Alain Catillaz, Marilú Marini, Isabelle Mazin, Myrto Procopiou, Julia Vidit.
adaptation française d’André Pieyre de Mandiargues (éditions Gallimard)
travail vocal et assistanat à la mise en scène : Emmanuelle Zoll
scénographie : Sallahdyn Khatir
lumière : Marie-Christine Soma
musique : Frédéric Minière, Alexandre Meyer
costumes : Claire Risterucci
maquillage, perruques : Cécile Kretschmar
contribution artistique : Paillette
carcassiers : Alicia Maistre et Sioux
Photos Anne GAYAN

production : compagnie Sirènes – Paris
coproduction : Centre Dramatique National Thionville-Lorraine / Comédie de Picardie / Théâtre Vidy–Lausanne / Théâtre de la Ville de Paris / scène nationale d’Aubusson / Théâtre du Beauvaisis.
Molière 2009 du créateur costumes : Claire Risterucci

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mardi 30 mars à 20h30
Théâtre Louis Guilloux
durée : 2h20
19,50 € / 14 € / 9,50 €