Résidence La Boite Noire à Plouagat

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Marzena Krzeminska et Simon Tanguy s’installent au collège Lucie et Raymond Aubrac de Plouagat pour une résidence du 24 avril au 12 mai dans La Boite Noire d’Élisa Le Merrer. Interview d’Anne-Laure Gouriou du service Relations Publiques de La Passerelle.

Qu’est-ce qu’une résidence d’artistes et quel est le rôle de La Passerelle ?

Une résidence d’artistes c’est la mise à disposition d’un espace qui permet à une compagnie de créer une œuvre et de confronter sa création à un public. Elle est souvent accompagnée de moyens techniques, administratifs et/ou financiers aux artistes.

Concrètement, ici c’est le fait d’installer La Boite Noire dans la cour du collège Lucie et Raymond Aubrac de Plouagat pendant les trois semaines à venir, épaulé par des subventions de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelle), du Conseil Départemental des Côtes d’Armor et de la mise à disposition de moyens humains et financiers par La Passerelle et le collège.

Quel est le principe artistique de La Boite Noire?

Créée par Élisa Le Merrer, c’est un dispositif plastique et performatif, un objet dont s’emparent l’artiste et le public, où ils créent un échange et inversent leurs rôles, s’affrontent et se coordonnent, s’enrichissent les uns des autres. Constitué d’une structure cubique de 3m x 3m, en bois, c’est d’abord un espace intimiste et introspectif, une cellule blanche mise sous la surveillance de l’œil d’une caméra. L’entrée aléatoire du public influence les actions des danseurs et l’œuvre se crée dans le présent de la relation Performeur/Regardeur/Acteur.

La Boite Noire enregistre intégralement l’expérience physique et diffuse, en direct, sur un écran à quelques mètres, pour un public extérieur qui perçoit et décode librement le message proposé.

Quel est le projet de Marzena et Simon ?

Marzena Krzeminska et Simon Tanguy proposent dans le cadre intimiste de La Boite Noire un cabaret précaire. Entre le striptease club, le salon de karaoké et la maison de conte de fées, leur univers kitcho-grotesque vire pourtant dans l’intime et l’émotion par la proximité du public avec la forme.

Pour «Cabaret Précaire», ils font appel à Jérémy Rouault qui compose les chansons pour la chanteuse Marzena Krzeminska et Simon Tanguy qui l’accompagne avec différents instruments. Les morceaux sont arrangés en allant à l’essentiel afin d’être joués en live par le duo, esquissant ainsi un groupe de musique «précaire». Dans le cadre chaotique de la pièce, les palettes sonores doivent promener le public en quelques secondes d’une esthétique à une autre. Le duo effectue alors des grands écarts anachroniques mêlant la sensualité des Supremes à la frénésie d’Animal Collective afin d’obtenir un joyeux bordel organisé.

Qu’en pensent le principal et l’équipe enseignante ?

La Boite Noire a intéressé M. Gautier, le principal du collège, car ce projet traite de sujets sur lesquels il a déjà travaillé dans son collège, à savoir l’égalité homme/femme et l’image véhiculée par les magazines des standards de beauté et de réussite. C’est aussi un moyen de fédérer toute l’équipe enseignante autour d’un projet artistique qu’ils peuvent rattacher à leur cours.

Par exemple, en arts plastiques, les élèves vont étudier des techniques de photomontage, ou en français, ils vont travailler sur la biographie d’invention.

Comment impliquer les élèves dans le processus créatif de la pièce ?

Le projet doit pouvoir « rayonner » sur tous les élèves du collège, les sensibiliser à la création artistique. Ici, La Boite Noire est au milieu de la cour et des panneaux explicatifs sont placés un peu partout dans l’établissement.

Comme je le disais plus tôt, les professeurs relient ce projet à leur programme pour apporter aux élèves des exemples concrets à étudier. Par exemple, en cours de physique, ils vont découvrir l’optique et la lumière par le biais des caméras qui filmeront La Boite Noire en continu.

Enfin, une journée bleue et rose conclura la résidence. Toujours dans le cadre de jouer sur l’égalité homme/femme et sur ses représentations, les élèves seront invités à s’habiller tout de bleu ou de rose selon leur envie, peu importe leur sexe.

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